Meilleure et Pire Journée

Publié le par Sandrine et Julien

Julien et moi-même, Sandrine, rentrons d’une belle aventure sur le lac Baïkal. Coups durs et moments formidables ont été au rendez-vous. Découvrez dès à présent notre meilleure et notre pire journée. Le 13 juin 2006, après 4 heures de navigation entre les dunes qui pressentait le delta du Sélenga 60kms plus loin, nous sommes arrivés au village de Passolkoe. N’ayant plus assez de nourriture pour la grande étape du passage du Sélenga, nous avions décidé de nous arrêter dans ce village. Sur la plage, il y avait une vingtaine de personnes assises sur des bancs de fortune : des troncs d’arbres. Ils nous regardaient tous. Alors que nous venions d’accoster, ils se sont tous levés et ont approché en nous disant « Allez un peu plus loin ! ». Sans vraiment comprendre, nous avons déplacé notre kayak sur 50m. Alors les hommes sont arrivés en nous expliquant que nous avions installé notre kayak au milieu d’un immense filet de pêche. Tandis que je discutais avec les pêcheurs sur la plage, Julien est parti faire les courses dans le village. « Vous êtes courageux, moi je préfère rester à la maison » me confia l’une des femmes présente. Deux heures plus tard, je vis arriver Julien chargé de provisions, un grand sourire aux lèvres : « ici tous les villageois que j’ai rencontré m’ont invité chez eux à boire le verre de l’amitié ! » Alors le filet à poissons approchait de la plage. Les gens s’animaient autour de nous. Les pêcheurs prirent le relais des moteurs qui tiraient le filet. Les enfants aidaient à le plier sur la berge. Avec une paire de gants, Julien tirait lui aussi cet immense filet. À un moment, Julien s’est tourné vers moi en me disant « On se croirait sur Thalassa ! ». Une fois le filet ramené entièrement sur la plage, tout le monde s’est rué dans l’eau pour ramasser les poissons. C’était l’euphorie ! les poissons sautaient dans tous les sens ! Les enfants riaient ! et les pêcheurs lançaient le poisson dans un camion ! Après ces efforts, les pêcheurs nous ont invité à leur repas : soupe de poissons, poissons fris avec une chapelure de farine, patate et vodka ! Puis ils ont posé un deuxième filet. Nous allions repartir quand ils nous ont invité à un autre repas. Ils ne voulaient plus nous voir partir, nous invitant tous à tour de rôle à dormir chez eux. Finalement, une douzaine d’hommes a pris notre kayak pour l’enfermer dans leur cabane de pêche et nous sommes allés dormir chez l’un deux. À 1h30 du matin, nous eûmes droit à un nouveau repas de fête : lait caillé, chéremcha (oseille sauvage), poisson, baies sauvages, … À cette belle journée succéda alors la pire. Le matin même, nous quittions nos nouveaux amis avec une pointe au cœur et des cernes sous les yeux. Les festivités de la veille nous avaient épuisé. Nous avions mal au ventre d’avoir mangé autant de produits frais dont notre corps n’était plus habitué ! De plus, nous n’avions pas très bien dormi : le chaton de Valodia avait bondi toute la nuit en nous griffant à la moindre occasion et les moustiques nous avaient entièrement dévoré. Cette nuit, trop courte, ne nous avait pas permis de récupérer de la fatigue d’avoir autant parlé russe. Au bout de 3 heures de progression, nous fîmes une pause sur un banc de sable pour déjeuner. Voyant un vent favorable, nous avons décidé de monter les deux voiles de notre kayak. Sur ma carte, nous avions 2kms à parcourir avant de rejoindre un nouveau banc de sable, dernière étape avant le delta du Sélenga. Déjà 5kms de navigation (d’après le GPS de Julien) et toujours pas de dune. Les vagues s’amplifiaient et ma voile ne voulait pas se remonter. À chaque vague, le bateau risquait de se renverser… J’étais terrifiée et immobilisée par la peur. Julien, seul, continuait à pagayer. La dune que nous voyons au loin s’affaissait plus nous avancions. Il s’agissait en fait des marécages du delta. Après 2 heures d’affrontement, Julien nous conduisit sur une plateforme détrempée située au milieu des roseaux. Nous ne pouvions plus dire un mot. Comment allions-nous continuer ? Après une pause bien méritée, nous avons décidé de faire demi-tour jusqu’au dernier village avant le delta. À cette époque de l’année, les roseaux, trop petits, ne pouvaient pas encore nous protéger des tempêtes qui se lèvent rapidement ! De plus, sur ce sol imbibé d’eau, nous ne pouvions pas envisager de poser notre tente ! Le lendemain, Julien est retourné à Passolskoé pour demander de l’aide. Il s’est rendu au monastère. Les moines nous ont trouvé un camion pour charger notre kayak et notre matériel pour contourner le delta par la route.

Publié dans baikalieaventure

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